Extraits du livre (traduit de l ‘allemand) “Botschaft Der Delfine » de Eric Demay

  

  

 “Dolphy et les jeux:


La plupart du temps, nous reprenions nos jeux habituels. Dolphy essayait de copier et de répéter toutes les pitreries que j 'exécutais au fond de l 'eau. Nous creusions

dans le sable : moi avec les mains, elle du bout de son rostre. Nous faisions aussi la course ;

 entre deux épreuves elle plaquait son rostre sous ma main ouverte et me tirait sur

quelques dizaines de mètres. La première fois, je n’y croyais pas. J’avais vu ce genre

 de pratique en delphinarium. Je ne suis pas partisan de ce genre de « show »,

même à huit clos, mais lorsque je lui avais présenté ma main ouverte, je ne m’attendais

 pas à cette réaction de sa part puisque même les dauphins de Coff Harbour avaient

refusé ce jeu. La petite delphine catalane avait tout d’un dauphin dressé.

Je me rendais compte alors la facilité des dresseurs à apprendre des tours à

 leurs "collègues de travail". Je me rendais compte rapidement qu’il y avait

une différence majeure entre le cas Dolphy et ma situation lorsque j’étais avec

 les dauphins en Australie. Là-bas les contacts avec les dauphins étaient exceptionnels

 et je pouvais m’y consacrer pleinement, en oubliant tout le reste. J’étais en quelque

sorte en vacance avec aucune responsabilité car il y avait toujours quelqu'un de

responsable qui contrôlait la situation. A Collioure j 'avais des comptes à rendre

avec les scientifiques du GECEM et les élus de la Mairie de Collioure. De plus,

j' étais quasiment l'unique interlocuteur entre la delphine et les habitants de la région,

 sans parler des touristes. Il me fallait répondre très souvent aux mêmes questions concernant

 Dolphy en restant courtois et en donnant le plus de précision possible, il en valait de

la crédibilité de mon travail de protection. Si je voulais protéger la delphine, il

me fallait être convaincant et sûr de moi. Tout cela m’empêchait d’avoir la même liberté

 que j’avais avec Sarana ou U2 par exemple et ma relation “ extra-sensorielle? avec Dolphy

s'en voyait grandement perturbé. Plus je me questionnais sur le sujet et plus j’avais la

 conviction d’avoir une relation presque parentale avec ce dauphin. En Australie, j’avais

pris le temps d’étudier les femelles qui avaient des petits. Aussi, en m’appuyant sur cette

 expérience, j' étais d’avis que Dolphy avait reçu une éducation peut être incomplète.

Pour une raison inconnue sa mère n’avait pas dû être suffisamment présente à ses côtés

et elle était en manque d’une certaine forme d’autorité. Ce qui expliquait ses comportements

 très particuliers à mon égard, comme si par moments je devenais sa mère de substitution.

D’ailleurs, quelques commerçants de Collioure aimaient m’appeler "Papa Dolphy". Le fait

qu’elle me différenciait des autres en tant que tuteur, devait être en rapport avec mon

 attitude particulière. Je ne prenais jamais l’initiative de la toucher et parfois lorsque

 elle était trop proche j 'allais  jusqu’à la repousser. Généralement, les baigneurs étaient

 au contraire prêts à tout pour pouvoir la toucher et la caresser. Dolphy qui préférait

les individus se démarquant de l’ensemble, construisait donc avec moi des rapports particuliers

 et certainement privilégiés. Souvent, Dolphy ne souhaitait pas demeurer seule dans l’eau.

Lorsque je décidais de sortir de l 'eau elle usait de tout son charme afin que je reste avec

elle. Elle se mettait à me sauter par dessus, sans toutefois me toucher, un coup par la gauche,

 un coup par la droite. Elle renouvelait ensuite cette opération une vingtaine de fois et elle

continuait de plus belle son ballet aquatique. Quelquefois,je nageais tranquillement sur le dos

 et elle venait se placer devant moi, faisant aller et venir sa queue tout doucement au dessus

 de ma tête. Le moindre faux mouvement de sa part, et j' étais défiguré. Je sentais sa nageoire

caudale qui me frôlait délicatement le visage. Tout en regardant en l'air, je regardais passer

cette nageoire au ralenti et lors de chaque passage, mon nez était légèrement écrasé au contact

 de sa queue. Un véritable exercice de séduction. Dans ces moments, elle pouvait facilement me

réduire la tête en bouillie. Toutefois, quand ses mouvements de queue devenaient trop brusques,

 je diminuais mon allure et elle se calmait aussitôt pour venir me chatouiller de nouveau

délicatement le nez. Ensuite nous nous  retrouvions face à face et je produisait un son biscornu

 qu’elle imitait immédiatement avec une remarquable exactitude. Entre nous, on pouvait commencer

à parler de communication. L’Australie était désormais plus lointaine, il se passait des choses

 formidables en pays catalan. Une  nuit de Janvier alors que j 'étais dans ma tour paisiblement

couché, j’entendais un bruit surprenant venant de la plage. Je pensais que quelqu’un frappait

puissamment l’eau avec une rame. Le son était de forte amplitude, et crevait le silence nocturne

 de la baie. Intrigué je sortais, et une fois dehors je reconnaissais le souffle de Dolphy;

j 'entendais en fait sa nageoire caudale qu’elle frappait sur la surface de l’eau et qui était

 la cause de tout ce vacarme. Elle paraissait extrêmement motivée pour jouer et j' allais donc

 chercher mon zodiac pour une “nuit delphine?. Certaines nuits, Dolphy devait se sentir bien

 seule et j 'étais bien le seul homme disponible jour et nuit pour jouer avec elle vu que

 c 'était aussi un peu mon job! Par contre je n 'allais jamais à l 'eau la nuit pendant

les périodes d 'hiver ce qui l 'énervait quelques fois. La delphine surgissait dés

qu’elle entendais le bruit du moteur de mon bateau. Elle reconnaissait le son de l’hélice parmi

 tous les autres bateaux de la baie. En me posant à cheval sur un des deux boudins gonflables ,

 je laissais une jambe dans l’eau et immédiatement elle se collait sous mon pied. Elle pouvait

rester comme cela pendant plusieurs dizaines de minutes et elle me suivait partout. Si il est

vrai que je ne touche jamais volontairement un dauphin, il faut reconnaître que le contact de

sa peau contre la plante des pieds est le meilleur décontractant que je connaisse. La sensation

 est extrême. On me demande souvent à quoi ressemble le touché de la peau d’un dauphin.

En fait, c’est comme un œuf dur dont on aura enlevé la coquille et abondamment mouillé:

la même douceur avec cette impression d’enfoncement progressif dés que l’on exerce une pression.

 Mes seuls contacts étaient plantaires! Quand Dolphy avait grandement envie de jouer,

Elle sifflait beaucoup en se déplaçant. J’avais parfois l’impression qu’elle avait un petit

 coup de “blues? et qu’elle voulait vraiment communiquer. Le sifflet est une sorte de signature

 chez les cétacés, une façon de se signaler, d’exister. Hélas, à cause de mes obligations,

des dossiers de demande de subvention, des rendez- vous avec les politiques, de ma présidence

de l’association "Les amis de Dolphy», bref de toutes ces contraintes extra- delphines,

 je ne pouvais pas me mettre spirituellement parlant à la hauteur de Dolphy. Une situation

 différente de celle vécue en Australie mais c’était un choix que j’avais fait dès le départ

 de l 'aventure. J’aurais pu tout aussi bien rester inactif et ne profiter que des bons côtés

de la delphine et cela aurait été parfait pour moi. Mais voilà, c’était la vie que j 'avais choisi

 à Collioure. Un jour Dolphy me collait son bas ventre sur le visage. J' apercevais alors

une cicatrice ouverte prés de la fente génitale, comme si elle avait été entaillé au couteau.

 Il était évident qu’elle avait désirer délibérément me montrer cette blessure; la visibilité

sous l’eau était à cette période assez médiocre et elle devait s 'approcher ainsi très prés

afin que je puisse me rendre compte de la situation, à moins de trente centimètres, je ne

pouvais rien voir avec mon masque. Il n 'était cependant pas certain que l 'homme soit responsable

 de cette blessure, beaucoup de conditions étaient favorables à ce que la delphine se blesse soit

dans les ports, soit en suivant les bateaux de trop prés. Mais j 'étais toujours tenu au courant

de ses problèmes (et il y en avaient!), un peu comme un médecin de famille! C 'est Dolphy qui

m 'a donné le véritable goût de surfer. A chaque tempête venant du Sud-Est, des vagues énormes

entraient dans la baie de Collioure et Dolphy adorait surfer, le spectacle était sublime.

 Le meilleur était quand j 'étais dans l 'eau avec elle, bien entendu j 'étais un bien piètre

nageur par rapport à ses capacités phénoménales dignes de tous cétacés, mais quel bonheur de

la voir à mes côtés avec cette délicieuse aisance.? Eric Demay

 

 Protection:

   Pour la premiere fois en France, un dauphin dit “ambassadeur"visitait une station balnéaire.

 De nombreux problèmes de sécurité se posait pour la delphine mais aussi pour les baigneurs

et parfois même les plaisanciers. Des arrêtés municipaux protégeaient Dolphy et un vaste

 programme de protection était entrepris sur toute la côte. L ‘association de Collioure

“Les amis de Dolphy? distribuait l ‘information, organisait des conférences et organisait

une cohésion entre les acteurs de la région (élus, pêcheurs, plongeurs...).

Le GECEM participait par sa contribution scientifique et le groupement TURSIOPS organisait

des rencontres entre la delphine et des enfants malades.

Voir le sommeil de DOLPHY

 

 

Dolphy était un dauphin femelle de l ‘espèce Tursiops truncatus qui visitait

 les ports et les plages de la côte Vermeille en Méditerranée au début des années 1990.

 Le GECEM (Groupe d ‘Etude des Cétacés de Méditerranée), observateur au Ministere de

 l ‘Environnement, employa Eric Demay pour le suivi et l ‘étude de ce dauphin entre 1992 et 1995.

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